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ALIS, ou la poésie pragmatique
Le travail de création d’ALIS s'attache
au processus et à ce temps spécifique de l’apparition
du sens sur scène : le spectacle du sens en train d'apparaître,
avant même qu'il ne se fige en signification.
Touche-à-tout dans l'âme, Pierre
Fourny aborde les différents espaces poétiques
qu'il travaille sous l'angle du spectacle, même si les manifestations
en sont très variées : installations, films,
événements, productions audiovisuelles, livres et
bien sûr, représentations scéniques.
Sur le plateau, les signes, les images, les objets
et même les mots sont manipulés. Cette matière
première, constituée de réalités parfaitement
reconnaissables, souvent même issues de recyclage, est déjà
intégrée aux langages courants.
Ces matériaux ne sont pas nécessairement les éléments
d'un langage scénique existant. ALIS les détourne
de leur emploi convenu, pour produire des actions scéniques
: images publicitaires, objets quotidiens, symboles, jusqu'aux lettres
de notre alphabet auxquelles ALIS instille la capacité de
produire du sens, et pas seulement de noter le son des mots.
C'est dans ce même état d'esprit qu'ALIS s'est emparée
des technologies de l'image (d'abord diapositive puis numérique)
dont la pratique confère à ses productions cet aspect
sophistiqué, mais d'une grande simplicité.
Et toute cette apparence de bric à brac
passe ainsi du statut de simple intermédiaire, inerte, à
la vivacité poétique d'un acteur capable de produire
du sens. Dans ce travail de création d'une écriture
scénique, par le truchement des collages, découpages,
combinatoires et bricolages tour à tour absurdes ou philosophiques
et d'un humour parfois grinçant sous leurs airs de parfaite
innocence, le spectacle se déplie…
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