L'Union : 14 décembre
2007
La Coupure
"La Coupure, en un mot commençant..."
Tel est le joli titre de l'exposition qui se tient au lycée
Jean de La Fontaine jusqu'au 21 décembre dans la salle
Estruch. Réalisée par la compagnie ALIS et en particulier
Pierre Fourny metteur en scène et concepteur, cette xpo
annonce le spectacle La Coupure dont la création est prévue
pour l'été 2008.
Mouvement - L'indisciplinaire
des arts vivants n°45, octobre--décembre 2007
Tragédie et transmission
Omar Abi Azar est actuellement
engagé dans un cycle de recherches sur l'expérimentation
contemporaine des formes tragiques, menée par la compagnie
Du zieu dans les bleus. (...)
L'échangeur, scène conventionnée de Fère-en-Tardenois,
la Gare Mondiale à Bergerac et le Théâtre
Massalia - Friche la Belle de Mai à Marseille coproduisent
le projet des Suppliantes, et la compagnie Du zieu dans les bleus
est "parrainée" par le groupe ALIS.
Emission "Champs Libres"
- France 3 (Lorraine Champagne Ardenne) - octobre 2007
Discussion avec Pierre Fourny lors
de la formation proposée par ALIS : "l’image
sur le plateau" proposée aux élèves
de 3ème année de l'I.M.M. de Charleville-Mézières
(ESNAM).
Théâtre/Public
- Faire la lumière n°185 - 2e semestre 2007
Photographies ALIS
Atelier "La lumière
au-delà de l'éclairage (une seule lampe pour la
scène)" du 4 au 15 septembre 2006.
L'Union : 30 mars 2007
ALIS vous invite à traverser le miroir...
La compagnie ALIS spécialisée
dans l'installation d'univers sonores, plastiques et filmiques
ou plutôt "l'install'action", investit la Maison
du Théâtre pour un soir.
(...)
Avec son spectacle, "10 vagues actions de l'âme",
elle place le spectateur au centre d'un dispositif visuel et musical
dont il est le chef d'orchestre.
(...)
Le Renouveau (Tunisie) : 9
mars 2007
Lumières poétiques
(...) A l'époque, ils plaquaient
des images découpées sur des planches de carton
ondulé et dans un studio faisant office de théâtre,
créaient leurs premiers spectacles. Ces deux bricoleurs
d'imaginaire ont développé sous le nom d'ALIS un
univers unique qui n'appartient à aucun langage constitué.
Eux parlent volontiers de "machine poétique à
transformer les signes".
Ainsi lumières, mots, dispositifs scéniques, sons,
mouvements, se croisent et se répondent pour donner naissance
à un événement scénique qu'il serait
bien difficile de catégoriser. Après l'Egypte, la
Jordanie, le Liban, la Syrie, le collectif ALIS arrive en Tunisie
pour nous faire vivre une expérience artistique à
nulle autre pareille. (...)
REF
La Libre Belgique : 24 novembre
2006
Alis : observer et inventer
Présente pour trois soirs
seulement au Théâtre 140 cette semaine, la compagnie
française ALIS fomente depuis plus de vingt ans un théâtre
d'images, jadis avec des affiches et des diapos, aujourd'hui avec
de la vidéo et des mots. Leur Pas
de 3, après avoir établi un univers graphique,
étrange, ludique, annonce : "Ceci est un dispositif
destiné à faire exister ce qui n'existe pas. Nous
l'appellerons (l'illusoir)." Voilà une parfaite définition
du théâtre ! Le leur pourtant se moque bien des traditions.
Dominique Soria et Pierre Fourny inventent sur scène un
monde qui, pour ressembler furieusement au nôtre, semble
se décoder lui-même tout en cultivant le mystère
du langage des signes. Habité de projections, de silhouettes
(dont celles, furtives, des créateurs), de segments, de
lumières, de pénombre, Pas
de 3 joue singulièrement sur les signes typographiques,
les mots fendus horizontalement pour se marier et se recomposer.
Sophistication et précision technique rencontrent ici une
merveilleuse simplicité artisanale - où l'art ne
perd rien de sa force - épicée d'un humour délicieux.
Une poésie neuve, nourrie d'observation et d'invention.
M. Ba.
Le Vif / L'Express (Belgique)
: 10 novembre 2006
"Attention, chute de mots !"
Avec Pas de
3, la compagnie française ALIS poursuit son étonnant
travail exploratoire de "machine poétique à
transformer les signes". Impossible de décrire ou
de catégoriser (à quoi bon, d'ailleurs ?) les spectacles
d'ALIS. C'est totalement à part dans les arts de la scène,
et cela mélange performance, arts plastiques, théâtre,
danse, sculpture, exploits numériques, déconstruction
et détournement du langage... Pas
de 3 puise dans les sons, les images et les mots, pour les
présenter de manière inattendue, poétique
et souvent drôle à notre perception. Tout cela dans
cinquante minutes de belle sérénité et d'expérience
sensorielle étonnante où, entre pluie et chute de
mots, le spectateur verra - littéralement ! - le temps
passer (ou pas), ou comment l'on pêche des nuages et des
averses...
E.M.
La
Scène - mars / avril 2006
install'action "10 vagues actions de l'âme"
"Attiser la flamme du réel
et réenchanter le monde" : c’est ce que propose
une nouvelle fois le groupe ALIS avec cette "install’action
/ performance" qui se construit autour des déplacements
et gestes de celui qui la traverse. Partie intégrante de
l’oeuvre, le "visit’acteur" déclenche
du seul fait de sa déambulation des images, des sons, des
actions. Chemins qui se croisent, mots qui se répondent,
lignes qui se brisent, pas perdus, questions demeurant sans réponses
: ici, tout n’est qu’affaire de circonstances, coïncidences
et hasards. Certains jours, les instigateurs du projet se joignent
aux "visit’acteurs" et prennent les commandes
des images et des sons pour introduire un grain de sable dans
cette "machine-action" infernale.
Mouvement
23 janvier 2004
Cela fait vingt ans qu’ils s’ingénient à
"transformer les signes". Pierre Fourny et Dominique
Soria, les bricoleurs d’imaginaire du groupe ALIS, viennent
de créer Pas de 3
à la Maison de la Culture d’Amiens.
Voici vingt ans, Pierre Fourny et Dominique Soria plaquaient des
images découpées sur des planches de carton ondulé,
et dans un studio faisant office de théâtre, créaient
leurs premiers spectacles. Ces deux bricoleurs d’imaginaire
ont développé sous le nom d’ALIS un univers
assez unique en son genre, qui ne réside dans aucun "langage"
constitué. Eux parlent volontiers de "machine poétique
à transformer les signes". Le principe en est assez
rudimentaire: une chose (un objet, une image, un mot) n’est
jamais donnée pour ce qu’elle est (isolément)
mais pour ce qu’elle peut être (dans une relation
à d’autres objets / images / mots). Les paysages
scéniques ainsi élaborés ouvrent un espace
d’interprétation où le dépaysement
naît du détournement d’usage de matériaux
prélevés dans un stock d’images et de vocables.
Les spectacles d’ALIS sont des chaînes de montage
d’incidents sémantiques (textuels et visuels) dont
les ingrédients sont aisément identifiables par
tout un chacun. Ici, ce n’est pas l’expression qui
compte, mais l’incidence des objets, des images ou des mots
soumis au sort de la perception : inversion des proportions, coupes
dans l’intégrité d’un signe, illusions
d’optique, allusions langagières, etc. Toute une
syntaxe de "positions" (déposition, exposition,
proposition, transposition, composition) par lesquelles la "machine
poétique" déploie ses rouages et produit sa
logique fantaisiste. (...)
Jean-Marc ADOLPHE
Publié le 23-01-2004
Mouvement - novembre / décembre
2003
" La séparation des mots"
La "trouvaille" a quelque temps fait fureur dans les
messageries électroniques et dans les médias : pour
constituer mentalement un mot, il suffirait que la première
et la dernière lettre soient à la bonne place. Mais
c’est à un tout autre exercice que se livre Pierre
Fourny, sinologue de formation et présentement opérateur
de signes à l’enseigne du groupe ALIS. Ayant créé
une typographie idoine, il s’est ingénié à
couper la langue en 2. Séparant la partie supérieure
et la partie inférieure d’une lettre, il arrive ainsi
à recomposer des mots, voire des phrases entières.
A l’intérieur d’un mot d’autres mots
se cacheraient-ils à notre insu ? Pour arbitraire qu’il
soit, le procédé ouvre de vertigineuses interprétations
sur la matérialité du langage écrit et ce
qu’il recouvre (ou pas). En tout cas il faut le voir pour
le croire. La langue coupée en 2 est publiée par
une nouvelle maison d’édition, La Sterne Voyageuse,
qui joint à l’opus papier un cd-rom qui permet de
visualiser, en dictionnaire et en animation, cette nouvelle langue
formée à partir de l’ancienne.
Jean-Marc Adolphe
Mouvement. novembre/décembre 2003
DDO - décembre
2003
"La langue coupée en 2 de Pierre Fourny"
"ALIS est une machine poétique
à transformer les signes", qui depuis vingt ans crée
des spectacles, des films ou des expositions en Picardie et dans
le monde entier.
La dernière lubie de Pierre Fourny, un de ses fondateurs,
consiste à découper horizontalement l’intégralité
de la langue française pour que des mots, amputés
de leurs moitiés inférieures ou supérieures,
s’acoquinent dans une joyeuse partouze oulipienne pour donner
le jour à la "poésie à 2 mi-mots".
La langue coupée en 2 réunit le texte et les exemples
multimédias du spectacle-conférence hilarant dans
lequel Pierre Fourny expose cette opération et ses conséquences
tragi-comiques pour notre rationalité linguistique. On
découvre ainsi les liens secrets entre les mots "cannabis"
et "coca-cola", ou encore l’édifiante histoire
du blason de Fère-en-Tardenois (Aisne), où ALIS
travaille et a initié le projet "l’Échangeur",
friche de résidence artistique depuis 1994 (Frédéric
Le Junter, Olivia Grandville, Pàl Frenàk…).
La Sterne Voyageuse Éditeur
(livre+cd-rom)
Julien Carrel
DDO. décembre 2003
Le JDA - décembre 2003
"ALIS a le don"
Pour fêter ses vingt années d’explorations
artistiques, la compagnie ALIS propose une soirée de courts
métrages au ciné Saint-Leu, le 11 décembre.
Les grands lieux culturels de la région ont souhaité
réserver à ALIS toute l’attention qu’elle
mérite. La Maison du Théâtre s’invite
ainsi au ciné Saint-Leu pour créer l’événement
autour d’une soirée de courts métrages et
dévoiler les audaces visuelles de la compagnie. Installé
à Fère-en-Tardenois dans son "Moulin Canard",
le collectif, à travers ses deux fondateurs, Pierre Fourny
et Dominique Soria, s’illustre dans toutes les disciplines
avec la même audace. L’histoire de ces courts métrages
est celle d’un pari artistique. Tout commence en 1997, avec
une série de "chorégra-films" intitulée
"la danse, le temps d’une chanson", initiée
par la chaîne Arte et le producteur Patrice Nezan. Chorégraphes
et réalisateurs sont conviés à travailler
autour de ce thème. (...)
Florent Bayard.
Le JDA - décembre 2003.
La Scène - septembre 2002
Cela pourrait être du théâtre, de la
danse, des arts plastiques ou du cinéma, tout cela à
la fois ou tout autre chose... En fait, le langage d’ALIS
(Dominique Soria et Pierre Fourny) est une tentative poétique
"à 2 mimots", faite de signes manipulés,
de mots-objets, de sens détournés, d’images
sonores et de combinaisons mathématiques absurdes qui empruntent
à Perec autant qu’à Lewis Carroll. Les inclassables
ont l’ironie douce, élégante et patiente et
décryptent comme personne les signes de notre temps. Bref,
une compagnie rare.
L'Union - décembre 2001
"ALIS traite la poésie à
2 mi-mots"
Depuis le printemps 2000, le groupe ALIS fait sa poésie
en utilisant les mots comme personne ne l’avait encore fait.
Dominique Soria et Pierre Fourny, les concepteurs du groupe, ont
eu la géniale idée de couper les mots en deux, par
le milieu, dans le sens horizontal. A partir de ce geste simple,
ils ont dessiné chaque lettre de l’alphabet en suivant
une géométrie favorable permettant la combinaison
avec d’autres moitiés de lettres.
En composant une liste minutieuse de lettres combinables avec
d’autres, ils sont parvenus à créer toutes
les combinaisons dans lesquelles se retrouvent la moitié
haute d’un mot ou sa moitié basse.(...)
Libération - 10 mai 2001
On entre dans le spectacle par l’exposition, à moins
qu’on ne le fasse par le livre ou encore le CD Rom. Avec
ses produits plus dérivants que dérivés,
Alis invite le public à surfer sur "la Poésie
à 2 mi-mots". Grâce à la police coupable,
police de caractères spécifique, Dominique Soria
et Pierre Fourny inventent un alphabet, coupant les mots en deux
d’un trait, faisant voyager les deux moitiés pour
formuler de nouveaux mots. Inutile de dire que cela nous transporte,
dans un ailleurs du jeu.
Si ce sont les journalistes de danse qui parlent d’eux,
ce n’est pas parce qu’ils plient leur corps à
la discipline du mouvement. C’est plutôt parce que
l’indiscipline les guide, que tout est matière ;
des lettres aux objets, de l’image aux corps des manipulateurs.
(...)
Marie-Christine Vernay
Télérama - 16 janvier 2000
Une musique étrange accompagne les déplacements
silencieux de deux individus. Leurs vêtements sombres sont
striés de violents traits lumineux. Mais ce ne sont pas
eux les vedettes. Ils s’affairent autour d’objets
qu’ils placent, déplacent, remplacent... Des morceaux
d’affiches publicitaires découpées et extrêmement
réalistes, et des mots qu’ils brandissent.
Dans leur dernier spectacle ...
ou 2, la compagnie ALIS utilise une police de caractère
particulière, totalement originale, très ronde et
très lisse, baptisée très justement police
"coupable". Sans aucun empattement, elle permet la symétrie
des mots. Il suffit de les couper dans le sens de la largeur,
de les séparer, et d’associer le bas du mot au haut
d’un autre mot, pour faire sens. Vous ne comprenez pas?
Logique. Il faut une démonstration pour bien comprendre
le procédé, c’est pourquoi ALIS accompagne
son spectacle d’un livre, le Traité de poésie
à 2 mi-mots, et d’un CD-Rom qui permet de créer
ses propres combinaisons. Enfin, avant et après la représentation,
le spectateur peut aussi découvrir une exposition, "le
plaque-art" (l’art
facile à ranger). Les objets présentés sont
en fait des jeux de mots.
Dominique Soria et Pierre Fourny, les deux expérimentateurs
d’ALIS, se jouent ainsi des mots, mais ne font pas du papier.
Pour eux, la dimension de spectacle vivant est essentielle, parce
qu’il y a un début et une fin, parce qu’entre
les mots découpés, le temps est indispensable pour
créer une épaisseur. Pourtant, ils se sont amusés
à fabriquer ce CD-Rom - pas tous seuls encore - pour ce
côté "on peut tout faire nous-même".
Ces bricolos de génie, qui concoctent la musique, les décors
et tout ce qui est autour du spectacle, sont naturellement attirés
par les outils qui leur donne la plus grande indépendance
possible. Indépendance financière, bien sûr
(ils "vivent et travaillent" en Picardie depuis 10 ans,
subventionnés par la région), mais aussi indépendance
artistique. C’est le prix à payer pour préserver
leur monde si particulier.
Florence Gatté
Libération - 13 janvier 2000
"ALIS au pays de Pérec"
Prenez un mot, coupez-le en deux par le milieu, d’un trait
horizontal, vous obtenez ainsi deux moitiés à faire
glisser sur d’autres mots pareillement sectionnés.
C’est ce que Dominique Soria et Pierre Fourny appellent
la Poésie à 2 mi-mots : jeu combinatoire pour lequel
ils ont même inventé une typographie spécifique,
la police coupable.
Dans le même genre, retournez le vocable "tonton",
ça donne "foufou", soit la réponse à
la devinette "qui est la honte de la famille?". Ou encore
enlevez la barre du "d" de "droite", collez-la
au "o" et ça devient "orbite", etc.
Alphabet sens dessus dessous (les lettres sont littéralement
piétinées d’entrée), …ou2 se
joue des signes, des sons et des images pour décliner une
poésie aux couleurs imprévisibles. En techniciens
très affairés, vêtus de blouses d’atelier
ou de laboratoire, les deux artistes d’ALIS apparaissent
et disparaissent, installent, manipulent, expérimentent
l’écriture visuelle dans le mouvement de la performance.
Une tentative à droite, un essai à gauche ou un
simple clin d’œil, au passage. (...)
Marie Christine Verney
Le Nouvel Observateur - 13-19 janvier
2000
Théâtre, danse, arts plastiques ? Avec Dominique
Soria et Pierre Fourny, qui à eux seuls forment le groupe
ALIS, on se retrouve dans ce triangle d’or où règnent
diverses disciplines artistiques sans que l’une prenne jamais
définitivement le pas sur l’autre. Toutes cependant
se mêlent avec un rare bonheur dans un savant délire
érigé en système. La poésie de l’absurde
cultivée par ALIS ; ce monde des plus quotidiens porté
à la scène pour y être détourné
avec un humour léger mais ravageur ; une exquise acidité,
permettant aux choses les plus ordinaires de se trouver une dimension
surréaliste ; l’art de subvertir le regard qu’on
porte sur les choses et de leur conférer une magie, une
folie insoupçonnées : voilà de quel sceau
ALIS marque ses spectacles. Ils sont ici doublés par une
exposition le Plaque - Art
ou art facile à ranger, qui prolonge délicieusement
la folie douce des représentations et où un porte-parole
n’est rien d’autre qu’un cintre de fil de fer
porteur de mots.
Raphaël de Gubernatis
Lire - mars 2000
Les mots bondissent comme des balles et font mouche. ALIS capture
les lettres de l’alphabet, les coupe en deux (à l’aide
d’une typographie "coupable"), en démultiplie
le sens, joue délibérément avec la graphie.
Dans un CD-Rom qui fait écho à un spectacle ("...ou
2") et une exposition ("Le
plaque-art, l’art facile à ranger"), les
créateurs Dominique Soria et Pierre Fourny inventent une
"poésie à 2 mi-mots" que le support numérique
permet de visualiser sous forme de petites séquences animées.
Ainsi un accent circonflexe saute littéralement du coq
à l’âne, une gymnastique de la lettre démontre
que "un égale zéro" et un tour de passe-passe
réussit à faire mouvoir le mot "inouï"
autour de lui-même.
Cette magie des mots, ces glissements de sens (là aussi
pris au pied de la lettre: il faut voir le mot "sens"
glisser sur l’écran de l’ordinateur) sont au
coeur du travail d’ALIS. Ils ne sont ni comédiens,
ni plasticiens, ni poètes, mais un peu tout à la
fois, et leur création à la scène comme à
l’écran repose sur des manipulations de lettres et
de mots. "Une tentative d’écriture d’un
geste poétique", résument-ils.
Cette machine à transformer les signes, on la retrouve
donc dans leur spectacle, en tournée de mars à mai.
Jeux visuels incessants qui sont à l’image de l’inattendu
"porte-parole" ou de la machine à mettre les
points sur les "i" présentée dans l’exposition.
On expérimentera aussi à partir du CD-Rom ces jeux
combinatoires que n’aurait pas désavoués un
Georges Perec, à l’aide de logiciels conçus
pour élaborer ses propres "poèmes à
2 mi-mots". Sans perdre des yeux le traité poétique
qui l’accompagne, clé de cette écriture visuelle
ludique et imprévisible.
Myriam Boutoule
Théâtre Public - mai-juin
2000
La vérité du théâtre peut-elle être,
aujourd’hui, dans le refus d’en être?
Le groupe ALIS pose au théâtre un problème-limite
fort intéressant. D’abord, ils refusent d’en
être, tout en se reconnaissant une pratique scénique.
Effectivement, ce sont des gens qui (comme Jean-Paul Céalis)
ne "jouent" pas. Ils se contentent d’apporter
et d’enlever des objets-signes, en se livrant, entre-temps,
à des opérations sur eux (on ne peut même
pas dire qu’ils les manipulent, au sens marionnettique).
Mais ils les disposent et les dérangent avec une rigueur
extrême. Leur spectacle - qui doit laisser pourtant plus
d’un "théâtreux" de marbre - a une
efficacité indéniable. Ils se contentent d’être
des opérateurs, le plus neutre possible. En fait, leur
spectacle, servi par une bande-son et des lumières remarquables,
n’a rien de froid pour qui ne refuse pas d’apprendre
à sentir autre chose qu’un théâtre trop
vraisemblablement humain. Ils manient, avec sensibilité,
des mobiles et des projections abstraites de toute beauté.
(...)
Gérard Lépinois
Les saisons de la danse - janvier 2000
C’est un spectacle total qui nous est à chaque fois
présenté, empruntant ses techniques au théâtre,
à la danse, au cinéma comme à la peinture,
mais avec toute la modestie qu’exprime le conditionnel utilisé
pour définir le groupe (Laurence Louppe dans le dossier
de presse). " Ce pourrait être de la danse... "
Pas la moindre prétention philosophique à l’atteinte
de la pureté dans cet univers où tout est médiatisé,
objectivé. L’art est ici désacralisé,
les mots deviennent objet d’expérience. Chaque nouvelle
création apparaît comme l’exposition d’une
nouvelle technique expérimentale : renversement des mots
et des sens dans ... ou 2 (2000),
comme le suggère TOM, (‘un des personnages né
d’un MOT retourné; opérations effectuées
sur les signes dans 100 mobiles
à part 1 (1997); dressage des lettres de notre alphabet
latin enfermées dans la ménagerie du Plaque-Art,
(2000); tracé des bissectrices des mots avec pour hypothèse
expérimentale : " les moitiés de n’importe
quel mot seraient-elles identiques à des moitiés
d’autres mots? " dans leur traité de Poésie
à 2 mi-mots.
"Chaque spectacle d’ALIS est la tentative d’écriture
d’un geste poétique". A la manière de
Francis Ponge, ils font des objets, explorés dans leur
intégralité, le moule concret d’un langage;
à moins que ce ne soit le langage qui devienne objet d’exploration.
Tant de signes pourraient provoquer un ennuyeux verbiage. Mais
au contraire, l’attention du spectateur est sans cesse ravivée
par l’humour et l’ironie. "Comme des enfants
très sérieux ou des adultes qui auraient gardé
leur part d’enfance, Dominique Soria et Pierre Fourny proposent
des spectacles-puzzles à recomposer par l’imagination".
Ils sollicitent sans cesse notre participation active dans les
domaines les plus variés : spectacles vivants, expositions,
spectacles multimédia comme à l’occasion du
cinquantenaire de l’appel du 18 juin, défilé
pour l’arrivée de la flamme olympique à Paris,
films vidéographiques et cinématographiques (La
Complainte du progrès en 1997 et Ya Rayah pour l’an
2000).
Mais dans chacun de ces spectacles, "le geste vaut pour lui-même
comme fonction et non comme manifestation d’un sens",
c’est en cela que la danse est présente dans chacune
des créations d’ALIS.
Natacha Costa
La Tribune - 10 janvier 2000
"Histoires sans paroles à
prendre aux mots"
Les spectacles du groupe ALIS mêlent diverses disciplines
artistiques. Des puzzles d’images et de sons où les
mots sont soumis à des métamorphoses magiques.
Ce qu’il y a de bien au Théâtre de la Cité
Internationale de Paris c’est ce zeste d’esprit potache
qui baigne l’accueil, plus que sympathique, et la programmation
théâtrale qui place toujours son centre de gravité
quelque part entre poésie, humour et avant-gardisme.
C’est risqué, mais souvent réussi. Comme avec
ces deux spectacles …ou 2
et 100 mobiles à Part
1, et cette exposition le Plaque
- Art (l’Art facile à ranger), que nous propose
le groupe ALIS dont Pierre Fourny et Dominique Soria assurent
les conception, réalisation et manipulation. (...)
Jean-Pierre Bourcier
Le Monde-aden - janvier 2000
"D’une pierre deux coups..."
La scène évoque un tableau noir, ou encore les pages
jaunies d’un vieux livre d’écolier rempli de
barres, de lignes et de lettres. En un quart de seconde, des cailloux
blancs sagement disposés en rangées de cinq, comme
pour servir à une démonstration, se transforment
en lettres de l’alphabet. Celles-ci jouent un rôle
essentiel dans ce spectacle où les mots sont pris à
la lettre. A tel point qu’ils en deviennent des objets soumis
aux manipulations de deux mystérieux officiants en tablier
gris. Le plus sérieusement du monde, ceux-ci mettent en
œuvre une expérience dont les tenants et les aboutissants
se diluent dans fine série d’opérations déconcertantes.Certains
coupent les cheveux en quatre ; ce n’est pas le cas d’ALIS.
Cette entité, composée de Dominique Soria et Pierre
Fourny, a plutôt tendance à couper les mots en deux.
Ce qui se trame ainsi devant nos yeux est l’effet d’une
logique déviante où des mots sectionnés dans
le sens de la longueur subissent de troublantes transformations.
(...)
Hugues Le Tanneur
Le Monde - 15 janvier 2000
"ALIS, ou les inventeurs de la grammaire
mentale"
Qui est ALIS ? Un garçon et une fille perdus à jamais
au pays des merveilles, créant et vivant à Fère-en-Tardenois,
terre picarde si chère à l’écrivain
- magicien André Hardellet ? Ce duo - soit Dominique Soria
et Pierre Fourny - s’étonne de tout. Une façon
de ne rien tenir pour acquis, soupçonnant la réalité
de ne pas être ce qu’elle paraît. Alors ils
la mettent sens dessus dessous, pour la décortiquer, construisant
un théâtre d’objets et de mots, comme autant
de pièges qui culbutent le sens, basculent les certitudes.
A cet effet, ils usent de juxtapositions inédites, de découpages,
d’ombres et de lumières. Ils travaillent sur le minuscule,
le réel ramené à des échelles réduites.
Qu’est-ce qui les fait jubiler ? Découvrir, par exemple,
que l’adjectif indéfini "un" se lit de
la même façon à l’endroit et à
l’envers. Qu’il en va de même de presque tous
les mots : si on les découpe en leur milieu, Puis qu’on
les chapeaute de boucles, de traits, de barres, on obtient un
nouveau mot, un nouveau sens : "Inouï, non !",
s’extasient ces pince-sans-rire devant leurs exercices de
grammaire mentale. (...)
Dominique Frétard
Puck - n° 13 - 2000
L'activité du couple ALIS (Dominique Soria et Pierre Fourny)
est à la fois sculpturale, typographique, littéraire
et scénique. Elle relève de la poésie visuelle,
de la marionnette, de la confection d'objets calembourgeois. Elle
demande son aide au livre, au CDrom, à l'exposition, au
spectacle.
L'écrit est toujours présent.
Soit la langue considérée dans sa plus grande matérialité,
poussée même dans ses derniers retranchements de
matérialité. Les objets exposés d'ALIS n'existent
que par leur nom confondu avec leur forme, dans un esprit de jeu
involutif. Le geste d'écrire un mot prend un caractère
nécessaire, définitif d'une certaine façon,
cratylien en diable (le mot ressemble à son référent).
(...)
Jacques Jouet
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photo Quentin Bertoux
spectacle ...
ou 2 |