Presse

Les textes ci-dessous sont des extraits de presse et en aucun cas des reproductions intégrales d'articles.

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La Scène : été 2010
La police coupable rejetée par l'INPI

L'histoire a fait sourire et rire. Elle a aussi agacé, surtout. L'INPI (Institut national de la propriété industrielle) a en effet refusé à la compagnie ALIS la publication, et donc l'enregistrement possible, de la marque la police coupable. Celle-ci serait, en effet, de nature à porter atteinte à l'ordre public et aux bonnes moeurs, en ce qu'elle accole à l'institution police un adjectif dévalorisant. (...)

Mouvement n°56 - juil-sept. 2010
Lèse-maréchaussée : menace sur la police
Un artiste privé de marque

Le ridicule ne tue pas. L'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) vient d'en apporter une nouvelle illustration en refusant à Pierre Fourny, metteur en scène de la compagnie ALIS, la publication d'une marque qui serait de nature à porter atteinte à l'ordre public et aux bonnes moeurs : la police coupable. (...)

L'Union : 6 juin 2010
Le jeu de mots "la police coupable" censuré
ALIS plaide l'action artistique

La police de caractères d'ALIS prêterait à confusion... La compagnie s'est vu refuser l'enregistrement de la marque "la police coupable" pour développer ses produits dérivés. (...)

Le Monde : 1er juin 2010
"Police coupable", un jeu de mots artistique qui troublerait l'ordre public...

Il ne faut pas confondre la police de caractères avec la police tout court, en uniforme et képi. Le metteur en scène Pierre Fourny s'en souviendra. Cet artiste est le créateur en 1982 de la compagnie ALIS, délicieuse anomalie de la scène française, entre théâtre d'objets et manipulation d'images. (...)
 

L'Union : 30 mai 2010
Quand la technologie vole au secours de l'art : Wings donne des ailes au spectacle

ALIS, une compagnie de spectacle, et AVAS, une société audiovisuelle, ont monté une pièce pilotée par un logiciel 3 en 1. (...)

La Scène : printemps 2010
Le compagnonnage pour projet

Riche aussi, la rencontre entre du zieu dans les bleus, et la compagnie ALIS. C'est en Jordanie que Pierre Fourny et Nathalie Garraud se sont rencontrés. ALIS parraine alors cette toute jeune structure, l'accueille dans ses locaux à Fère-en-Tardenois, dans l'Aisne, et noue avec elle une convention de compagnonnage. (...)

L'Expression (Algérie) : 9 mars 2010
La langue coupée en 2 : Une géométrie des lettres

(...) Usant d'une logique, qui au tout début de la présentation, paraissait indéchiffrable pour les spectateurs, ce talentueux artiste poète tentera de nous dévoiler un certain nombre de mystères concernant sa théorie. (...)

L'Est Républicain : 1er mars 2010
Kalimat : Des mots traduits en dessins

Des mots arabes graphiés sur des feuilles de papier à la manière de l'écriture et superbement présentés en dessins sous formes de visages, paysages et gribouillages, avant d'être donnés à voir (...)

L'Union : 10 janvier 2010
Ces lieux improbables

(...) ALIS dont les initiales viennent de l'association d'un lieu, d'une image et d'un son s'est toujours placé dans une perspective très visuelle. Mais se situant dans un genre hybride, ni théâtre ni danse, cette cellule expérimentale met aussi l'accent sur l'écriture en jouant sur les mots qu'elle découpe (...)

La Scène n°55 : décembre 2009 / janv. fév. 2010
La Coupure

Aujourd'hui, les manipulateurs ont mis les mots en bouche et leur théâtre de l'absurde emprunte à un Perec qui aurait voulu rencontrer Duchamp et aurait vu Ponge ... (...
 

le progres.fr : 7 décembre 2009
La Coupure (exposition)

Jeu très ludiquen jeu de langage, jeu de poésie "à 2 mi-mots", une exposition où l'on regarde, où l'on entend, où l'on écoute. (...)

Les Inrockuptibles : du 4 au 10 novembre 2009
La Coupure

ALIS, offraient un ballet de mots, La Coupure, où l'esprit du visiteur est parfois pris en défaut (...).

L'Union : 24 mai 2009
La Coupure

"Il fallait le vocabulaire bien vissé dans le cerveau pour sortir indemne du spectacle (…) . Le propos est de découvrir la vie autonome et cachée des mots, que les trois acteurs entreprennent en les coupant en deux – horizontalement(…).

 
L'Union : 4 mai 2009
La Coupure (en un mot commençant)

"Il en naît même un certain plaisir – presque une fierté – à donner du sens aux différents objets mis en scène et à imaginer un nouveau mot à partir des œuvres exposées. Une mécanique de l'esprit qui devrait en ravir plus d'un".

Télérama : 1er avril 2009
La Coupure

"La méthode est enfantine : vous prenez un mot plus ou moins quelconque et lui tranchez le corps à l'horizontale. (…) De mots-objets (voire mots-valises) en mots projetés, les écritures 3D déferlent sur le plateau, décomposées et recomposées par des comédiens manipulateurs, au propre comme au figuré."
"Royalement scénographiques et philosophiquement typographiques".

 
La République de Seine et Marne : 9 février 2009
La Coupure (en un mot commençant)

"Dans un univers en noir et blanc (…), une petite trentaine de modules invitent le visiteur à se creuser la tête. (…) Il devient alors presque naturel de découper des mots que l'on utilisait jusqu'ici sans se poser de question"

 
Le Parisien : 7 février 2009
La Coupure

"Déformés, incarnés, contournés… Les mots sont soumis à rude épreuve. (…) Une exposition ludique joue avec les termes à travers des mots-rébus géants."

 
Télérama Sortir : du 4 au 10 février 2009
La Coupure

"Pierre Fourny adopte ici le ton de la conférence-spectacle pour se jouer du vocabulaire avec gourmandise, faisant un théâtre de mots-objets en 3D, dans une inventive scénographie entre artisanat et illusions optiques. (…) N'empêche que l'expérience, visuellement et textuellement forte, mérite d'être (re)traversée".

 
Ouest-France : décembre 2008
La Coupure

"Le spectacle vivant et intelligent a ses dimensions que l'émotion et l'attention adorent. (…) C'est (…) bluffant par la précision et la richesse inventive.

 
L'Union : 14 décembre 2007
La Coupure

"La Coupure, en un mot commençant..." Tel est le joli titre de l'exposition qui se tient au lycée Jean de La Fontaine jusqu'au 21 décembre dans la salle Estruch. Réalisée par la compagnie ALIS et en particulier Pierre Fourny metteur en scène et concepteur, cette xpo annonce le spectacle La Coupure dont la création est prévue pour l'été 2008.

 
Mouvement - L'indisciplinaire des arts vivants n°45, octobre--décembre 2007
Tragédie et transmission

Omar Abi Azar est actuellement engagé dans un cycle de recherches sur l'expérimentation contemporaine des formes tragiques, menée par la compagnie Du zieu dans les bleus. (...)
L'échangeur, scène conventionnée de Fère-en-Tardenois, la Gare Mondiale à Bergerac et le Théâtre Massalia - Friche la Belle de Mai à Marseille coproduisent le projet des Suppliantes, et la compagnie Du zieu dans les bleus est "parrainée" par le groupe ALIS.

 
Emission "Champs Libres" - France 3 (Lorraine Champagne Ardenne) - octobre 2007

Discussion avec Pierre Fourny lors de la formation proposée par ALIS : "l’image sur le plateau" proposée aux élèves de 3ème année de l'I.M.M. de Charleville-Mézières (ESNAM).

 
Théâtre/Public - Faire la lumière n°185 - 2e semestre 2007
Photographies ALIS

Atelier "La lumière au-delà de l'éclairage (une seule lampe pour la scène)" du 4 au 15 septembre 2006.

 
L'Union : 30 mars 2007
ALIS vous invite à traverser le miroir...

La compagnie ALIS spécialisée dans l'installation d'univers sonores, plastiques et filmiques ou plutôt "l'install'action", investit la Maison du Théâtre pour un soir.
(...)
Avec son spectacle, "10 vagues actions de l'âme", elle place le spectateur au centre d'un dispositif visuel et musical dont il est le chef d'orchestre.
(...)

 
Le Renouveau (Tunisie) : 9 mars 2007
Lumières poétiques

(...) A l'époque, ils plaquaient des images découpées sur des planches de carton ondulé et dans un studio faisant office de théâtre, créaient leurs premiers spectacles. Ces deux bricoleurs d'imaginaire ont développé sous le nom d'ALIS un univers unique qui n'appartient à aucun langage constitué. Eux parlent volontiers de "machine poétique à transformer les signes".
Ainsi lumières, mots, dispositifs scéniques, sons, mouvements, se croisent et se répondent pour donner naissance à un événement scénique qu'il serait bien difficile de catégoriser. Après l'Egypte, la Jordanie, le Liban, la Syrie, le collectif ALIS arrive en Tunisie pour nous faire vivre une expérience artistique à nulle autre pareille. (...)

La Libre Belgique : 24 novembre 2006
Alis : observer et inventer

Présente pour trois soirs seulement au Théâtre 140 cette semaine, la compagnie française ALIS fomente depuis plus de vingt ans un théâtre d'images, jadis avec des affiches et des diapos, aujourd'hui avec de la vidéo et des mots. Leur Pas de 3, après avoir établi un univers graphique, étrange, ludique, annonce : "Ceci est un dispositif destiné à faire exister ce qui n'existe pas. Nous l'appellerons (l'illusoir)." Voilà une parfaite définition du théâtre ! Le leur pourtant se moque bien des traditions. Dominique Soria et Pierre Fourny inventent sur scène un monde qui, pour ressembler furieusement au nôtre, semble se décoder lui-même tout en cultivant le mystère du langage des signes. Habité de projections, de silhouettes (dont celles, furtives, des créateurs), de segments, de lumières, de pénombre, Pas de 3 joue singulièrement sur les signes typographiques, les mots fendus horizontalement pour se marier et se recomposer.
Sophistication et précision technique rencontrent ici une merveilleuse simplicité artisanale - où l'art ne perd rien de sa force - épicée d'un humour délicieux. Une poésie neuve, nourrie d'observation et d'invention.

M. Ba.

Le Vif / L'Express (Belgique) : 10 novembre 2006
"Attention, chute de mots !"

Avec Pas de 3, la compagnie française ALIS poursuit son étonnant travail exploratoire de "machine poétique à transformer les signes". Impossible de décrire ou de catégoriser (à quoi bon, d'ailleurs ?) les spectacles d'ALIS. C'est totalement à part dans les arts de la scène, et cela mélange performance, arts plastiques, théâtre, danse, sculpture, exploits numériques, déconstruction et détournement du langage... Pas de 3 puise dans les sons, les images et les mots, pour les présenter de manière inattendue, poétique et souvent drôle à notre perception. Tout cela dans cinquante minutes de belle sérénité et d'expérience sensorielle étonnante où, entre pluie et chute de mots, le spectateur verra - littéralement ! - le temps passer (ou pas), ou comment l'on pêche des nuages et des averses...

E.M.

 
La Scène - mars / avril 2006
install'action "10 vagues actions de l'âme"

"Attiser la flamme du réel et réenchanter le monde" : c’est ce que propose une nouvelle fois le groupe ALIS avec cette "install’action / performance" qui se construit autour des déplacements et gestes de celui qui la traverse. Partie intégrante de l’oeuvre, le "visit’acteur" déclenche du seul fait de sa déambulation des images, des sons, des actions. Chemins qui se croisent, mots qui se répondent, lignes qui se brisent, pas perdus, questions demeurant sans réponses : ici, tout n’est qu’affaire de circonstances, coïncidences et hasards. Certains jours, les instigateurs du projet se joignent aux "visit’acteurs" et prennent les commandes des images et des sons pour introduire un grain de sable dans cette "machine-action" infernale.
 

Mouvement
23 janvier 2004
Cela fait vingt ans qu’ils s’ingénient à "transformer les signes". Pierre Fourny et Dominique Soria, les bricoleurs d’imaginaire du groupe ALIS, viennent de créer Pas de 3 à la Maison de la Culture d’Amiens.
Voici vingt ans, Pierre Fourny et Dominique Soria plaquaient des images découpées sur des planches de carton ondulé, et dans un studio faisant office de théâtre, créaient leurs premiers spectacles. Ces deux bricoleurs d’imaginaire ont développé sous le nom d’ALIS un univers assez unique en son genre, qui ne réside dans aucun "langage" constitué. Eux parlent volontiers de "machine poétique à transformer les signes". Le principe en est assez rudimentaire: une chose (un objet, une image, un mot) n’est jamais donnée pour ce qu’elle est (isolément) mais pour ce qu’elle peut être (dans une relation à d’autres objets / images / mots). Les paysages scéniques ainsi élaborés ouvrent un espace d’interprétation où le dépaysement naît du détournement d’usage de matériaux prélevés dans un stock d’images et de vocables. Les spectacles d’ALIS sont des chaînes de montage d’incidents sémantiques (textuels et visuels) dont les ingrédients sont aisément identifiables par tout un chacun. Ici, ce n’est pas l’expression qui compte, mais l’incidence des objets, des images ou des mots soumis au sort de la perception : inversion des proportions, coupes dans l’intégrité d’un signe, illusions d’optique, allusions langagières, etc. Toute une syntaxe de "positions" (déposition, exposition, proposition, transposition, composition) par lesquelles la "machine poétique" déploie ses rouages et produit sa logique fantaisiste. (...)
Jean-Marc ADOLPHE
Publié le 23-01-2004

Mouvement - novembre / décembre 2003
" La séparation des mots"
La "trouvaille" a quelque temps fait fureur dans les messageries électroniques et dans les médias : pour constituer mentalement un mot, il suffirait que la première et la dernière lettre soient à la bonne place. Mais c’est à un tout autre exercice que se livre Pierre Fourny, sinologue de formation et présentement opérateur de signes à l’enseigne du groupe ALIS. Ayant créé une typographie idoine, il s’est ingénié à couper la langue en 2. Séparant la partie supérieure et la partie inférieure d’une lettre, il arrive ainsi à recomposer des mots, voire des phrases entières. A l’intérieur d’un mot d’autres mots se cacheraient-ils à notre insu ? Pour arbitraire qu’il soit, le procédé ouvre de vertigineuses interprétations sur la matérialité du langage écrit et ce qu’il recouvre (ou pas). En tout cas il faut le voir pour le croire. La langue coupée en 2 est publiée par une nouvelle maison d’édition, La Sterne Voyageuse, qui joint à l’opus papier un cd-rom qui permet de visualiser, en dictionnaire et en animation, cette nouvelle langue formée à partir de l’ancienne.
Jean-Marc Adolphe
Mouvement. novembre/décembre 2003

 
DDO - décembre 2003
"La langue coupée en 2 de Pierre Fourny"
"ALIS est une machine poétique à transformer les signes", qui depuis vingt ans crée des spectacles, des films ou des expositions en Picardie et dans le monde entier.
La dernière lubie de Pierre Fourny, un de ses fondateurs, consiste à découper horizontalement l’intégralité de la langue française pour que des mots, amputés de leurs moitiés inférieures ou supérieures, s’acoquinent dans une joyeuse partouze oulipienne pour donner le jour à la "poésie à 2 mi-mots".
La langue coupée en 2 réunit le texte et les exemples multimédias du spectacle-conférence hilarant dans lequel Pierre Fourny expose cette opération et ses conséquences tragi-comiques pour notre rationalité linguistique. On découvre ainsi les liens secrets entre les mots "cannabis" et "coca-cola", ou encore l’édifiante histoire du blason de Fère-en-Tardenois (Aisne), où ALIS travaille et a initié le projet "l’Échangeur", friche de résidence artistique depuis 1994 (Frédéric Le Junter, Olivia Grandville, Pàl Frenàk…).
La Sterne Voyageuse Éditeur (livre+cd-rom)
Julien Carrel
DDO. décembre 2003

Le JDA - décembre 2003
"ALIS a le don"
Pour fêter ses vingt années d’explorations artistiques, la compagnie ALIS propose une soirée de courts métrages au ciné Saint-Leu, le 11 décembre.
Les grands lieux culturels de la région ont souhaité réserver à ALIS toute l’attention qu’elle mérite. La Maison du Théâtre s’invite ainsi au ciné Saint-Leu pour créer l’événement autour d’une soirée de courts métrages et dévoiler les audaces visuelles de la compagnie. Installé à Fère-en-Tardenois dans son "Moulin Canard", le collectif, à travers ses deux fondateurs, Pierre Fourny et Dominique Soria, s’illustre dans toutes les disciplines avec la même audace. L’histoire de ces courts métrages est celle d’un pari artistique. Tout commence en 1997, avec une série de "chorégra-films" intitulée "la danse, le temps d’une chanson", initiée par la chaîne Arte et le producteur Patrice Nezan. Chorégraphes et réalisateurs sont conviés à travailler autour de ce thème. (...)
Florent Bayard.
Le JDA - décembre 2003.

La Scène - septembre 2002
Cela pourrait être du théâtre, de la danse, des arts plastiques ou du cinéma, tout cela à la fois ou tout autre chose... En fait, le langage d’ALIS (Dominique Soria et Pierre Fourny) est une tentative poétique "à 2 mimots", faite de signes manipulés, de mots-objets, de sens détournés, d’images sonores et de combinaisons mathématiques absurdes qui empruntent à Perec autant qu’à Lewis Carroll. Les inclassables ont l’ironie douce, élégante et patiente et décryptent comme personne les signes de notre temps. Bref, une compagnie rare.

L'Union - décembre 2001
"ALIS traite la poésie à 2 mi-mots"
Depuis le printemps 2000, le groupe ALIS fait sa poésie en utilisant les mots comme personne ne l’avait encore fait.
Dominique Soria et Pierre Fourny, les concepteurs du groupe, ont eu la géniale idée de couper les mots en deux, par le milieu, dans le sens horizontal. A partir de ce geste simple, ils ont dessiné chaque lettre de l’alphabet en suivant une géométrie favorable permettant la combinaison avec d’autres moitiés de lettres.
En composant une liste minutieuse de lettres combinables avec d’autres, ils sont parvenus à créer toutes les combinaisons dans lesquelles se retrouvent la moitié haute d’un mot ou sa moitié basse.(...)

Libération - 10 mai 2001
On entre dans le spectacle par l’exposition, à moins qu’on ne le fasse par le livre ou encore le CD Rom. Avec ses produits plus dérivants que dérivés, Alis invite le public à surfer sur "la Poésie à 2 mi-mots". Grâce à la police coupable, police de caractères spécifique, Dominique Soria et Pierre Fourny inventent un alphabet, coupant les mots en deux d’un trait, faisant voyager les deux moitiés pour formuler de nouveaux mots. Inutile de dire que cela nous transporte, dans un ailleurs du jeu.
Si ce sont les journalistes de danse qui parlent d’eux, ce n’est pas parce qu’ils plient leur corps à la discipline du mouvement. C’est plutôt parce que l’indiscipline les guide, que tout est matière ; des lettres aux objets, de l’image aux corps des manipulateurs. (...)
Marie-Christine Vernay

Télérama - 16 janvier 2000
Une musique étrange accompagne les déplacements silencieux de deux individus. Leurs vêtements sombres sont striés de violents traits lumineux. Mais ce ne sont pas eux les vedettes. Ils s’affairent autour d’objets qu’ils placent, déplacent, remplacent... Des morceaux d’affiches publicitaires découpées et extrêmement réalistes, et des mots qu’ils brandissent.
Dans leur dernier spectacle ... ou 2, la compagnie ALIS utilise une police de caractère particulière, totalement originale, très ronde et très lisse, baptisée très justement police "coupable". Sans aucun empattement, elle permet la symétrie des mots. Il suffit de les couper dans le sens de la largeur, de les séparer, et d’associer le bas du mot au haut d’un autre mot, pour faire sens. Vous ne comprenez pas? Logique. Il faut une démonstration pour bien comprendre le procédé, c’est pourquoi ALIS accompagne son spectacle d’un livre, le Traité de poésie à 2 mi-mots, et d’un CD-Rom qui permet de créer ses propres combinaisons. Enfin, avant et après la représentation, le spectateur peut aussi découvrir une exposition, "le plaque-art" (l’art facile à ranger). Les objets présentés sont en fait des jeux de mots.
Dominique Soria et Pierre Fourny, les deux expérimentateurs d’ALIS, se jouent ainsi des mots, mais ne font pas du papier. Pour eux, la dimension de spectacle vivant est essentielle, parce qu’il y a un début et une fin, parce qu’entre les mots découpés, le temps est indispensable pour créer une épaisseur. Pourtant, ils se sont amusés à fabriquer ce CD-Rom - pas tous seuls encore - pour ce côté "on peut tout faire nous-même". Ces bricolos de génie, qui concoctent la musique, les décors et tout ce qui est autour du spectacle, sont naturellement attirés par les outils qui leur donne la plus grande indépendance possible. Indépendance financière, bien sûr (ils "vivent et travaillent" en Picardie depuis 10 ans, subventionnés par la région), mais aussi indépendance artistique. C’est le prix à payer pour préserver leur monde si particulier.
Florence Gatté

Libération - 13 janvier 2000
"ALIS au pays de Pérec"
Prenez un mot, coupez-le en deux par le milieu, d’un trait horizontal, vous obtenez ainsi deux moitiés à faire glisser sur d’autres mots pareillement sectionnés. C’est ce que Dominique Soria et Pierre Fourny appellent la Poésie à 2 mi-mots : jeu combinatoire pour lequel ils ont même inventé une typographie spécifique, la police coupable.
Dans le même genre, retournez le vocable "tonton", ça donne "foufou", soit la réponse à la devinette "qui est la honte de la famille?". Ou encore enlevez la barre du "d" de "droite", collez-la au "o" et ça devient "orbite", etc.
Alphabet sens dessus dessous (les lettres sont littéralement piétinées d’entrée), …ou2 se joue des signes, des sons et des images pour décliner une poésie aux couleurs imprévisibles. En techniciens très affairés, vêtus de blouses d’atelier ou de laboratoire, les deux artistes d’ALIS apparaissent et disparaissent, installent, manipulent, expérimentent l’écriture visuelle dans le mouvement de la performance. Une tentative à droite, un essai à gauche ou un simple clin d’œil, au passage. (...)
Marie Christine Verney

Le Nouvel Observateur - 13-19 janvier 2000
Théâtre, danse, arts plastiques ? Avec Dominique Soria et Pierre Fourny, qui à eux seuls forment le groupe ALIS, on se retrouve dans ce triangle d’or où règnent diverses disciplines artistiques sans que l’une prenne jamais définitivement le pas sur l’autre. Toutes cependant se mêlent avec un rare bonheur dans un savant délire érigé en système. La poésie de l’absurde cultivée par ALIS ; ce monde des plus quotidiens porté à la scène pour y être détourné avec un humour léger mais ravageur ; une exquise acidité, permettant aux choses les plus ordinaires de se trouver une dimension surréaliste ; l’art de subvertir le regard qu’on porte sur les choses et de leur conférer une magie, une folie insoupçonnées : voilà de quel sceau ALIS marque ses spectacles. Ils sont ici doublés par une exposition le Plaque - Art ou art facile à ranger, qui prolonge délicieusement la folie douce des représentations et où un porte-parole n’est rien d’autre qu’un cintre de fil de fer porteur de mots.
Raphaël de Gubernatis

Lire - mars 2000
Les mots bondissent comme des balles et font mouche. ALIS capture les lettres de l’alphabet, les coupe en deux (à l’aide d’une typographie "coupable"), en démultiplie le sens, joue délibérément avec la graphie. Dans un CD-Rom qui fait écho à un spectacle ("...ou 2") et une exposition ("Le plaque-art, l’art facile à ranger"), les créateurs Dominique Soria et Pierre Fourny inventent une "poésie à 2 mi-mots" que le support numérique permet de visualiser sous forme de petites séquences animées. Ainsi un accent circonflexe saute littéralement du coq à l’âne, une gymnastique de la lettre démontre que "un égale zéro" et un tour de passe-passe réussit à faire mouvoir le mot "inouï" autour de lui-même.
Cette magie des mots, ces glissements de sens (là aussi pris au pied de la lettre: il faut voir le mot "sens" glisser sur l’écran de l’ordinateur) sont au coeur du travail d’ALIS. Ils ne sont ni comédiens, ni plasticiens, ni poètes, mais un peu tout à la fois, et leur création à la scène comme à l’écran repose sur des manipulations de lettres et de mots. "Une tentative d’écriture d’un geste poétique", résument-ils.
Cette machine à transformer les signes, on la retrouve donc dans leur spectacle, en tournée de mars à mai. Jeux visuels incessants qui sont à l’image de l’inattendu "porte-parole" ou de la machine à mettre les points sur les "i" présentée dans l’exposition. On expérimentera aussi à partir du CD-Rom ces jeux combinatoires que n’aurait pas désavoués un Georges Perec, à l’aide de logiciels conçus pour élaborer ses propres "poèmes à 2 mi-mots". Sans perdre des yeux le traité poétique qui l’accompagne, clé de cette écriture visuelle ludique et imprévisible.
Myriam Boutoule

Théâtre Public - mai-juin 2000
La vérité du théâtre peut-elle être, aujourd’hui, dans le refus d’en être?
Le groupe ALIS pose au théâtre un problème-limite fort intéressant. D’abord, ils refusent d’en être, tout en se reconnaissant une pratique scénique. Effectivement, ce sont des gens qui (comme Jean-Paul Céalis) ne "jouent" pas. Ils se contentent d’apporter et d’enlever des objets-signes, en se livrant, entre-temps, à des opérations sur eux (on ne peut même pas dire qu’ils les manipulent, au sens marionnettique). Mais ils les disposent et les dérangent avec une rigueur extrême. Leur spectacle - qui doit laisser pourtant plus d’un "théâtreux" de marbre - a une efficacité indéniable. Ils se contentent d’être des opérateurs, le plus neutre possible. En fait, leur spectacle, servi par une bande-son et des lumières remarquables, n’a rien de froid pour qui ne refuse pas d’apprendre à sentir autre chose qu’un théâtre trop vraisemblablement humain. Ils manient, avec sensibilité, des mobiles et des projections abstraites de toute beauté. (...)
Gérard Lépinois

Les saisons de la danse - janvier 2000
C’est un spectacle total qui nous est à chaque fois présenté, empruntant ses techniques au théâtre, à la danse, au cinéma comme à la peinture, mais avec toute la modestie qu’exprime le conditionnel utilisé pour définir le groupe (Laurence Louppe dans le dossier de presse). " Ce pourrait être de la danse... "
Pas la moindre prétention philosophique à l’atteinte de la pureté dans cet univers où tout est médiatisé, objectivé. L’art est ici désacralisé, les mots deviennent objet d’expérience. Chaque nouvelle création apparaît comme l’exposition d’une nouvelle technique expérimentale : renversement des mots et des sens dans ... ou 2 (2000), comme le suggère TOM, (‘un des personnages né d’un MOT retourné; opérations effectuées sur les signes dans 100 mobiles à part 1 (1997); dressage des lettres de notre alphabet latin enfermées dans la ménagerie du Plaque-Art, (2000); tracé des bissectrices des mots avec pour hypothèse expérimentale : " les moitiés de n’importe quel mot seraient-elles identiques à des moitiés d’autres mots? " dans leur traité de Poésie à 2 mi-mots.
"Chaque spectacle d’ALIS est la tentative d’écriture d’un geste poétique". A la manière de Francis Ponge, ils font des objets, explorés dans leur intégralité, le moule concret d’un langage; à moins que ce ne soit le langage qui devienne objet d’exploration. Tant de signes pourraient provoquer un ennuyeux verbiage. Mais au contraire, l’attention du spectateur est sans cesse ravivée par l’humour et l’ironie. "Comme des enfants très sérieux ou des adultes qui auraient gardé leur part d’enfance, Dominique Soria et Pierre Fourny proposent des spectacles-puzzles à recomposer par l’imagination". Ils sollicitent sans cesse notre participation active dans les domaines les plus variés : spectacles vivants, expositions, spectacles multimédia comme à l’occasion du cinquantenaire de l’appel du 18 juin, défilé pour l’arrivée de la flamme olympique à Paris, films vidéographiques et cinématographiques (La Complainte du progrès en 1997 et Ya Rayah pour l’an 2000).
Mais dans chacun de ces spectacles, "le geste vaut pour lui-même comme fonction et non comme manifestation d’un sens", c’est en cela que la danse est présente dans chacune des créations d’ALIS.
Natacha Costa

La Tribune - 10 janvier 2000
"Histoires sans paroles à prendre aux mots"
Les spectacles du groupe ALIS mêlent diverses disciplines artistiques. Des puzzles d’images et de sons où les mots sont soumis à des métamorphoses magiques.
Ce qu’il y a de bien au Théâtre de la Cité Internationale de Paris c’est ce zeste d’esprit potache qui baigne l’accueil, plus que sympathique, et la programmation théâtrale qui place toujours son centre de gravité quelque part entre poésie, humour et avant-gardisme.
C’est risqué, mais souvent réussi. Comme avec ces deux spectacles …ou 2 et 100 mobiles à Part 1, et cette exposition le Plaque - Art (l’Art facile à ranger), que nous propose le groupe ALIS dont Pierre Fourny et Dominique Soria assurent les conception, réalisation et manipulation. (...)
Jean-Pierre Bourcier

Le Monde-aden - janvier 2000
"D’une pierre deux coups..."
La scène évoque un tableau noir, ou encore les pages jaunies d’un vieux livre d’écolier rempli de barres, de lignes et de lettres. En un quart de seconde, des cailloux blancs sagement disposés en rangées de cinq, comme pour servir à une démonstration, se transforment en lettres de l’alphabet. Celles-ci jouent un rôle essentiel dans ce spectacle où les mots sont pris à la lettre. A tel point qu’ils en deviennent des objets soumis aux manipulations de deux mystérieux officiants en tablier gris. Le plus sérieusement du monde, ceux-ci mettent en œuvre une expérience dont les tenants et les aboutissants se diluent dans fine série d’opérations déconcertantes.Certains coupent les cheveux en quatre ; ce n’est pas le cas d’ALIS. Cette entité, composée de Dominique Soria et Pierre Fourny, a plutôt tendance à couper les mots en deux. Ce qui se trame ainsi devant nos yeux est l’effet d’une logique déviante où des mots sectionnés dans le sens de la longueur subissent de troublantes transformations. (...)
Hugues Le Tanneur

Le Monde - 15 janvier 2000
"ALIS, ou les inventeurs de la grammaire mentale"
Qui est ALIS ? Un garçon et une fille perdus à jamais au pays des merveilles, créant et vivant à Fère-en-Tardenois, terre picarde si chère à l’écrivain - magicien André Hardellet ? Ce duo - soit Dominique Soria et Pierre Fourny - s’étonne de tout. Une façon de ne rien tenir pour acquis, soupçonnant la réalité de ne pas être ce qu’elle paraît. Alors ils la mettent sens dessus dessous, pour la décortiquer, construisant un théâtre d’objets et de mots, comme autant de pièges qui culbutent le sens, basculent les certitudes. A cet effet, ils usent de juxtapositions inédites, de découpages, d’ombres et de lumières. Ils travaillent sur le minuscule, le réel ramené à des échelles réduites. Qu’est-ce qui les fait jubiler ? Découvrir, par exemple, que l’adjectif indéfini "un" se lit de la même façon à l’endroit et à l’envers. Qu’il en va de même de presque tous les mots : si on les découpe en leur milieu, Puis qu’on les chapeaute de boucles, de traits, de barres, on obtient un nouveau mot, un nouveau sens : "Inouï, non !", s’extasient ces pince-sans-rire devant leurs exercices de grammaire mentale. (...)
Dominique Frétard

Puck - n° 13 - 2000
L'activité du couple ALIS (Dominique Soria et Pierre Fourny) est à la fois sculpturale, typographique, littéraire et scénique. Elle relève de la poésie visuelle, de la marionnette, de la confection d'objets calembourgeois. Elle demande son aide au livre, au CDrom, à l'exposition, au spectacle.
L'écrit est toujours présent.
Soit la langue considérée dans sa plus grande matérialité, poussée même dans ses derniers retranchements de matérialité. Les objets exposés d'ALIS n'existent que par leur nom confondu avec leur forme, dans un esprit de jeu involutif. Le geste d'écrire un mot prend un caractère nécessaire, définitif d'une certaine façon, cratylien en diable (le mot ressemble à son référent). (...)
Jacques Jouet